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Paroles de concernés – Emma, opérée d’un cancer du sein sous endoscopie

Emma, 27 ans, a bénéficié d’une approche chirurgicale endoscopique, qui permet d’enlever le sein sans laisser de cicatrice apparente sur la poitrine grâce à l’utilisation d’une caméra. Cette technique contribue à optimiser les bénéfices cliniques de l’intervention. À l’occasion de la 60e mastectomie sous endoscopie réalisée à Gustave Roussy, Emma témoigne.

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« Avant mon diagnostic, j’avais déjà conscience d’être une personne à risque, puisque ma mère est porteuse du gène BRCA. Quand on m’a annoncé mon cancer du sein, à 26 ans, je n’étais pourtant pas prête à encaisser une telle nouvelle. Mon médecin avait constaté une boule au niveau de mon sein lors d’un examen gynécologique et m’a conseillé de réaliser rapidement une mammographie et une échographie. J’ai alors enchaîné l’ensemble des examens - mammographie, échographie, IRM et ponction - avant les fêtes de fin d’année. J’ai vécu cette période dans un grand stress, avec une quasi-certitude de mon diagnostic. Les résultats définitifs m’ont finalement été annoncés début janvier 2026 : il s’agissait d’un cancer du sein, avec une tumeur assez volumineuse. Sa masse totale représentait huit centimètres. J’ai tout de suite demandé à être transférée à Gustave Roussy, qui m’avait été recommandé par beaucoup de personnes. Tout s’est ensuite enchaîné très vite : conservation des ovocytes, cures de chimiothérapie, et en juin, j’ai rencontré ma chirurgienne, la Dr Anne Puchar.

Je savais dès le début que j’allais devoir passer par la case mastectomie. La Dr Puchar m’a expliqué que je correspondais aux critères pour réaliser cette opération sous endoscopie, c’est-à-dire guidée par caméra, car je suis jeune et que mon cancer était localisé. Quand elle m’a annoncé que cette méthode ne nécessitait qu’une seule cicatrice, j’ai littéralement pleuré de joie.

La mastectomie endoscopique permet de retirer la glande mammaire et de poser une prothèse avec une seule incision, déportée de la poitrine. Dans mon cas, elle a été couplée à une reconstruction mammaire immédiate, ce qui m’a également beaucoup rassurée, d’autant que la Dr Puchar a pris le temps de m’expliquer en détail l’opération et de répondre à toutes mes questions.

L’opération a eu lieu le 25 juillet 2025, et voir ma chirurgienne dès mon arrivée au bloc m’a beaucoup aidée. L’opération, d’une durée de quatre heures, s’est bien passée. Au réveil, c’est évidemment déstabilisant de voir sa poitrine opérée. Le premier regard est très compliqué, mais l’hospitalisation de trois jours qui a suivi a permis de mieux appréhender cette nouvelle réalité. J’ai ensuite fait de la kinésithérapie pour m’aider à retrouver la mobilité de mon bras, que je n’arrivais plus à relever après l’opération. Une insensibilité persiste malheureusement aujourd’hui : les nerfs pourront éventuellement se régénérer avec le temps, ou cette sensation demeurera à vie.

Le mois d’août est arrivé, et j’ai repris ma vie comme si de rien n’était. J’avais envie de profiter. Mais je n’ai malheureusement pas respecté le délai durant lequel je ne devais pas fumer. Cela a pu participer à une mauvaise cicatrisation au niveau du mamelon, qui avait pu être préservé durant l’opération grâce aux cures de chimiothérapie. Finalement, j’ai dû être réopérée en octobre, et j’avais cette fois énormément d’appréhension. Je craignais que cette nouvelle intervention ne soit pas réalisable sous endoscopie. Finalement, cela a été possible : l’opération a été plus courte et a pu être réalisée en utilisant la même incision que lors de ma mastectomie.

La cicatrisation s’est cette fois très bien passée, d’autant que j’ai complètement arrêté de fumer. C’est l’électrochoc dont j’avais besoin. J’ai enchaîné avec les traitements de radiothérapie, et j’arrive désormais mieux à appréhender ma prothèse, notamment lorsque je dors. L’angoisse liée à cet élément étranger dans mon corps, qui m’inquiétait beaucoup au début, est également partie.

En juin, j’ai à nouveau rendez-vous avec la Dr Puchar pour engager la deuxième partie de la reconstruction, qui vise cette fois à obtenir le résultat le plus symétrique possible. Je n’ai pas encore repris le travail. Je me laisse du temps pour m’occuper de moi. J’ai commencé le sport, que je ne pratiquais pas avant, et j’envisage mon corps comme une machine qu’il faut que j’entretienne avec attention.

Dans ma ville, j’ai la chance d’avoir une Maison sport santé, où je suis des cours de cardio et de musculation, avec un coach qui m’accompagne et qui prend en compte mon historique médical. Ce cancer a été un déclencheur qui me permet aujourd’hui de repartir sur un mode de vie plus sain, entourée de mes proches et des personnes que j’ai rencontrées durant mon parcours de soins et ma nouvelle vie de sportive. »

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