Bienvenue sur le nouveau site de Gustave Roussy
Un nouveau site pensé pour vous offrir une expérience plus simple, plus claire et plus intuitive. Patients, aidants, professionnels, donateurs : retrouvez plus facilement les informations, les actualités et les services.
Facteurs de risque des cancers
Un cancer se développe lorsque certaines cellules acquièrent des anomalies qui perturbent leur fonctionnement. Elles peuvent être favorisées par des facteurs propres à la personne mais aussi par des expositions liées au mode de vie et/ou à l’environnement1,2.
Qu’est-ce qu’un facteur de risque ?
Un facteur de risque correspond à un élément associé à une probabilité plus élevée de développer une maladie. Il ne permet pas de prédire avec certitude la survenue d’un cancer. À l’inverse, un cancer peut aussi survenir chez une personne sans facteur de risque clairement identifié3,4.
Points clés
-
Certains facteurs de risque sont modifiables : il est possible d’agir sur le tabac, l’alcool, l’alimentation, le surpoids, l’obésité, l’exposition aux rayons ultraviolets, certaines infections ou encore certaines expositions professionnelles.
-
D’autres facteurs ne sont pas modifiables : comme l’âge, une prédisposition génétique ou certains antécédents familiaux.
-
Même lorsqu’un facteur de risque n’est pas modifiable, il peut aider à adapter le dépistage, la surveillance médicale ou l’orientation vers une consultation spécialisée.
40 %
des cancers pourraient être évités en agissant sur des facteurs de risque modifiables.
Les facteurs de risque modifiables
Le tabac constitue le principal facteur de risque évitable de cancer. Il est surtout associé au cancer du poumon, mais augmente aussi le risque de cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, de la vessie, du rein, du pancréas, du col de l’utérus et de certaines hémopathies malignes, c’est-à-dire des cancers des cellules du sang5. Le risque dépend de la durée du tabagisme, de la quantité fumée et de l’âge de début.
Vous pouvez agir :
Arrêter de fumer.
Un accompagnement par un professionnel de santé est possible.
La consommation d’alcool augmente le risque de plusieurs cancers, notamment ceux de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie, du côlon-rectum et du sein6. Aucun niveau de consommation ne peut être considéré comme sans risque vis-à-vis du cancer. Associé au tabac, l’alcool augmente particulièrement le risque de cancers des voies aérodigestives supérieures, c’est-à-dire les organes impliqués dans le passage de l’air et des aliments.
Vous pouvez agir :
Réduire sa consommation d’alcool.
En cas de difficulté à diminuer ou arrêter, un professionnel de santé peut vous aider.
L’alimentation peut intervenir dans le risque de certains cancers. Les données sont particulièrement solides pour les viandes transformées, comme les charcuteries, associées à une augmentation du risque de cancer colorectal. Les viandes rouges sont également considérées comme probablement associées à ce risque en cas de consommation excessive7.
Une alimentation trop énergétique et pauvre en fibres peut favoriser la prise de poids. Le surpoids et l’obésité sont associés à un risque plus élevé de plusieurs cancers, notamment du sein après la ménopause, du côlon-rectum, de l’endomètre, du rein, du foie, du pancréas et de l’œsophage8.
Vous pouvez agir :
Adopter une alimentation variée, riche en fibres et en végétaux.
Limiter les viandes rouges et les charcuteries.
Pratiquer une activité physique régulière.
Réduire la sédentarité.
Les rayons ultraviolets, ou UV, proviennent du soleil et des cabines de bronzage. Ils peuvent provoquer des lésions de l’ADN dans les cellules de la peau. Les expositions excessives, surtout lorsqu’elles sont intenses ou répétées, augmentent le risque de cancers cutanés, notamment les carcinomes et le mélanome. Les cabines de bronzage exposent à des UV artificiels classés comme cancérogènes pour l’homme9.
Vous pouvez agir :
Réduire l’exposition : rechercher l’ombre, porter des vêtements couvrants.
Utiliser une protection solaire adaptée.
Ne pas se rendre dans les cabines de bronzage.
Certains virus ou bactéries peuvent favoriser des cancers. Les HPV (papillomavirus humains) sont impliqués dans les cancers du col de l’utérus et dans une partie des cancers de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis et de l’oropharynx. Les virus des hépatites B et C augmentent le risque de cancer du foie, tandis que Helicobacter pylori est associée à certains cancers de l’estomac10.
Vous pouvez agir :
Se faire vacciner contre les HPV et l’hépatite B.
Participer au dépistage (cancer du col de l’utérus).
Prendre en charge les infections.
D’autres expositions peuvent contribuer au risque de cancer : pollution de l’air, radon, amiante, rayonnements ionisants, pesticides ou certains produits chimiques rencontrés dans un cadre professionnel4. Le niveau de risque varie selon la nature de l’exposition, son intensité, sa durée et le contexte individuel.
Vous pouvez agir :
Respecter les mesures de protection collective ou individuelle.
Consulter son médecin traitant ou un médecin du travail pour évaluer son risque.
Les facteurs de risque non modifiables
L’âge est l’un des principaux facteurs de risque de cancer. Avec le temps, les cellules peuvent accumuler des altérations de l’ADN, ce qui explique en partie pourquoi de nombreux cancers sont plus fréquents après 60 ans1.
Vous pouvez agir :
Suivre les dépistages recommandés en fonction de son âge.
Adapter sa surveillance médicale à son âge.
Certaines personnes présentent une prédisposition héréditaire au cancer, liée à une variation génétique présente dès la naissance. C’est le cas, par exemple, de certaines altérations des gènes BRCA1 et BRCA2, associées à un risque plus élevé de cancers du sein, de l’ovaire, de la prostate ou du pancréas11.
Vous pouvez agir :
Si l’histoire personnelle ou familiale le suggère, demander une consultation d’oncogénétique.
Interception
Un programme pour les personnes à risque augmenté
Gustave Roussy a développé Interception, un programme de prévention et de dépistage destiné aux personnes dont le risque de cancer est augmenté. Il vise à repérer plus tôt les personnes concernées, afin de leur proposer une prévention personnalisée.
Ce programme ne s’adresse pas à l’ensemble de la population mais aux personnes ayant une prédisposition héréditaire, une histoire familiale évocatrice, certaines lésions précancéreuses ou des expositions spécifiques.
Tableau récapitulatif :
|
Facteur de risque |
Ce que vous pouvez faire |
| Tabac | Arrêter de fumer. |
| Alcool | Réduire votre consommation d’alcool. |
| Alimentation, surpoids et obésité |
Adopter une alimentation variée, riche en fibres et en végétaux. Limiter les viandes rouges et les charcuteries. Pratiquer une activité physique régulière. Réduire la sédentarité. |
| Rayons ultraviolets |
Limiter l’exposition au soleil, rechercher l’ombre, porter des vêtements couvrants et utiliser une protection solaire adaptée. Ne pas se rendre dans les cabines de bronzage. |
| Agents infectieux |
Vous faire vacciner contre les HPV et l’hépatite B. Participer au dépistage du cancer du col de l’utérus. Prendre en charge les infections. |
| Expositions environnementales et professionnelles |
Respecter les mesures de protection collective ou individuelle. Échanger avec votre médecin traitant ou un médecin du travail en cas d’exposition connue ou suspectée. |
| Âge |
Suivre les dépistages recommandés en fonction de votre âge. Adapter votre surveillance médicale. |
| Facteurs génétiques et familiaux | Demander une consultation d’oncogénétique si votre histoire personnelle ou familiale le suggère. |
Bibliographie
-
[1] White MC, Holman DM, Boehm JE, Peipins LA, Grossman M, Henley SJ. Age and Cancer Risk: A Potentially Modifiable Relationship. Am J Prev Med. 2014;46(3 Suppl 1):S7-S15.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24512933/ -
[2] Takeshima H, Ushijima T. Accumulation of genetic and epigenetic alterations in normal cells and cancer risk. NPJ Precision Oncology. 2019;3:7.
https://www.nature.com/articles/s41698-019-0079-0 -
[3] Institut national du cancer. L’importance relative des principaux facteurs de risque.
https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/prevention-et-depistages/prevention/hierarchie-des-risques -
[4] International Agency for Research on Cancer. Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine. Lyon: IARC; 2018.
https://gco.iarc.who.int/includes/PAF/PAF_FR_report.pdf -
[5] Jacob L, Freyn M, Kalder M, Dinas K, Kostev K. Impact of tobacco smoking on the risk of developing 25 different cancers. Cancer Causes Control. 2018;29(2):195-205.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29707117/ -
[6] Bagnardi V, Rota M, Botteri E, et al. Alcohol consumption and site-specific cancer risk: a comprehensive dose-response meta-analysis. Br J Cancer. 2015;112(3):580-593.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25422909/ -
[7] International Agency for Research on Cancer. IARC Monographs evaluate consumption of red meat and processed meat. Press release no. 240. 2015.
https://www.iarc.who.int/wp-content/uploads/2018/07/pr240_E.pdf -
[8] Lauby-Secretan B, Scoccianti C, Loomis D, et al. Body Fatness and Cancer: Viewpoint of the IARC Working Group. N Engl J Med. 2016;375(8):794-798.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27557308/ -
[9] Sample A, He YY. Mechanisms and prevention of UV-induced melanoma. Photodermatol Photoimmunol Photomed. 2018;34(1):13-24.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5760354/ -
[10] de Martel C, Georges D, Bray F, Ferlay J, Clifford GM. Global burden of cancer attributable to infections in 2018: a worldwide incidence analysis. Lancet Glob Health. 2020;8(2):e180-e190.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31862245/ -
[11] Petrucelli N, Daly MB, Pal T. BRCA1- and BRCA2-Associated Hereditary Breast and Ovarian Cancer. GeneReviews. NCBI Bookshelf. Updated 2025.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK1247/