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Cancer du testicule
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Pr Pierre Blanchard
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Comprendre la maladie
Le cancer du testicule est une maladie rare, mais c’est le cancer le plus fréquent chez les hommes jeunes, en particulier entre 15 et 35 ans. Il représente environ 1 à 2 % des cancers chez l’homme, avec un peu plus de 2 000 nouveaux cas chaque année en France. Grâce aux progrès des traitements, son pronostic est aujourd’hui très favorable, avec un taux de survie à 5 ans supérieur à 95 %.
Dans la grande majorité des cas, ce cancer se développe à partir des cellules germinales, qui sont à l’origine de la production des spermatozoïdes. On parle alors de tumeurs germinales, qui représentent plus de 90 % des cancers du testicule.
Il existe deux grandes formes de tumeurs germinales. Les séminomes, qui évoluent généralement plus lentement et surviennent souvent à un âge un peu plus avancé, et les tumeurs non séminomateuses, qui ont tendance à se développer plus rapidement et à toucher des hommes plus jeunes.
Le cancer du testicule apparaît lorsqu’une cellule subit des anomalies et se met à se multiplier de façon incontrôlée. Cette prolifération forme une tumeur au sein du testicule, qui peut ensuite s’étendre à d’autres parties du corps si elle n’est pas traitée.
Dans la majorité des cas, la maladie est découverte à la suite de l’apparition d’une masse ou d’une grosseur au niveau du testicule, souvent indolore, repérée par le patient lui‑même ou lors d’un examen clinique.
Que sont les testicules ?
Les testicules sont deux organes du système reproducteur masculin situés dans une poche de peau appelée le scrotum. Ils jouent un rôle essentiel dans la reproduction et le fonctionnement du corps masculin.
Leur fonction principale est double. D’une part, ils produisent les spermatozoïdes, nécessaires à la reproduction. D’autre part, ils sécrètent la testostérone, l’hormone masculine qui intervient notamment dans le développement des caractères sexuels (voix, pilosité, masse musculaire).
Ces organes fonctionnent dès la puberté et travaillent en continu tout au long de la vie. Leur position à l’extérieur du corps permet de maintenir une température légèrement plus basse, indispensable à la production de spermatozoïdes.
Le cancer du testicule en chiffres
-
2 300
nouveaux cas chaque année en France.
-
85 %
des hommes diagnostiqués ont entre 15 et 49 ans.
-
1er
cancer chez les hommes entre 15 et 35 ans.
Un cancer qui se guérit bien
Le cancer du testicule est l’un des cancers qui se guérit le mieux, avec un taux de guérison supérieur à 90 %, tous stades confondus. C’est l’un des rares cancers pouvant être guéris même lorsqu’il est métastatique. Cette sensibilité exceptionnelle au traitement s’explique par la nature des cellules à l’origine de la tumeur : les cellules germinales. Ces cellules reproductrices ont un fort potentiel de différenciation et conservent un programme cellulaire très immature. Cette immaturité les rend particulièrement sensibles à la chimiothérapie.
Néanmoins, le diagnostic précoce demeure un enjeu majeur : plus la tumeur va être détectée tôt, moins la prise en charge sera lourde, avec des effets secondaires limités. C’est pour cette raison qu’il est primordial que les hommes de 15 à 40 ans prennent le réflexe de s’autopalper les testicules une fois par mois, et de consulter leur médecin généraliste dès qu’une anomalie est détectée.
Prévention et facteurs de risque
La prévention du cancer du testicule repose sur l'autosurveillance régulière. Les hommes, en particulier ceux âgés de 15 à 35 ans, sont encouragés à pratiquer un auto-examen testiculaire une fois par mois pour détecter toute anomalie, comme une masse ou une enflure indolore.
Les antécédents familiaux et une cryptorchidie (testicule mal descendu), même quand la chirurgie a été réalisée, sont des facteurs de risque du cancer du testicule.
Symptômes
Le cancer du testicule n’entraîne généralement que peu de signes cliniques, c’est pourquoi il est le plus souvent découvert de façon fortuite au cours d’une auto-palpation ou d’un examen de routine.
Si les causes de l’apparition d’une tumeur testiculaire ne sont pas toujours identifiables, plusieurs facteurs de risque pouvant favoriser l’apparition de ce type de cancer ont été identifiés :
- La cryptorchidie, une anomalie congénitale qui touche 1 à 3% des nouveaux-nés garçons.
- L’infection au VIH.
- L’atrophie testiculaire.
- Les antécédents familiaux.
- Le fait d’avoir eu un cancer au niveau de l’un des testicules augmente le risque de développer un cancer du testicule controlatéral.
Par ailleurs, les cancers testiculaires étant devenus de plus en plus fréquents au cours des dernières décennies, plusieurs études sont en cours pour éclairer l’impact de l’exposition à certains polluants chimiques modernes dans le développement de la maladie.
Diagnostic
Le diagnostic du cancer du testicule commence par l'identification d'une anomalie lors d'un auto-examen ou d'une consultation médicale. Un médecin procède alors à un examen physique et peut demander une échographie testiculaire pour évaluer la nature de la masse.
Des analyses sanguines pour mesurer les marqueurs tumoraux sont également couramment utilisées. En cas de suspicion de cancer, une intervention chirurgicale est ensuite réalisée pour confirmer le diagnostic et déterminer le type et le stade du cancer.
Impact sur la sexualité et la fertilité
Le cancer du testicule n’a généralement aucun impact sur la sexualité des patients. Dans l’immense majorité des cas, le second testicule est sain, ce qui permet une production suffisante de testostérone pour avoir des érections et une libido normale. Cependant, si des troubles liés à la sexualité apparaissent, le patient peut être orienté vers un urologue et/ou un andrologue.
Si l’autre testicule est sain, la production de spermatozoïdes se poursuit normalement dans la majorité des cas. Beaucoup d’hommes restent fertiles après une orchidectomie unilatérale. Cependant, certains cancers du testicule sont associés à une baisse de la fertilité, avant même la chirurgie. La chimiothérapie peut également altérer temporairement ou durablement la production de spermatozoïdes. Il est donc recommandé de réaliser un spermogramme et d’envisager une conservation de sperme avant toute intervention et traitement complémentaire. La conservation de sperme est une procédure rapide et prise en charge par la Sécurité sociale.
Traitements et essais cliniques
Le traitement du cancer du testicule repose en premier lieu sur la chirurgie. Dans la majorité des cas, une orchidectomie est réalisée, consistant à retirer le testicule atteint lors d’une intervention chirurgicale effectuée par une incision au niveau de l’aine. Cette opération est le plus souvent réalisée en ambulatoire. Une prothèse testiculaire, en silicone ou en gel souple, peut être mise en place pendant ou après l’intervention, selon le souhait du patient, afin de préserver l’image corporelle.
Avant les traitements, il peut être proposé de conserver un échantillon de sperme, afin d’anticiper un éventuel impact sur la fertilité.
Selon le stade et les caractéristiques de la maladie, des traitements complémentaires peuvent être nécessaires. En cas de formes localisées à risque de rechute, une chimiothérapie à base de sels de platine peut être proposée après la chirurgie. Cette chimiothérapie peut également être utilisée lorsque la maladie est plus avancée, avec ou sans métastases.
Dans certaines situations, la chimiothérapie ne permet pas d’éliminer complètement les lésions. Une nouvelle prise en charge chirurgicale peut alors être envisagée, notamment pour réaliser un curage des ganglions lymphatiques ou retirer des masses résiduelles, par exemple au niveau des poumons.
Un traitement par radiothérapie peut aussi être proposé dans certains sous‑types de tumeurs.
Une fois le traitement terminé, un suivi régulier est mis en place. Il repose sur des examens cliniques, une échographie du testicule restant, ainsi que des examens d’imagerie et des dosages de marqueurs tumoraux, dont la fréquence diminue progressivement au fil du temps.
Recherche
La recherche continue dans le cancer du testicule dans une démarche de désescalade thérapeutique, afin de limiter le poids des traitements actuels tout en gardant le même niveau d’efficacité. À Gustave Roussy, l’étude STARTER a récemment ouvert, pour évaluer si une activité physique adaptée peut réduire les effets secondaires de la chimiothérapie dans le cancer du testicule.
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Responsable du comité urologique
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Questions fréquentes
Le principal facteur de risque est la cryptorchidie, c’est‑à‑dire un testicule qui ne descend pas correctement dans les bourses avant la naissance. D’autres facteurs peuvent être impliqués, comme des antécédents familiaux ou un précédent cancer du testicule. Dans la majorité des cas, aucune cause précise n’est retrouvée.
Le signe le plus fréquent est l’apparition d’une masse ou d’une grosseur au niveau du testicule, généralement indolore. D’autres signes peuvent inclure une sensation de lourdeur, une douleur dans le testicule ou dans le bas de l’abdomen, ou une modification de la taille du testicule. Ces symptômes doivent conduire à consulter un médecin.
Le diagnostic repose d’abord sur un examen clinique, souvent suivi d’une échographie testiculaire. Des examens complémentaires, comme des prises de sang ou un scanner, permettent ensuite de confirmer le diagnostic et d’évaluer l’extension de la maladie.
Le traitement débute presque toujours par une chirurgie consistant à retirer le testicule atteint. Selon les cas, ce geste peut être complété par une chimiothérapie, une radiothérapie ou d’autres interventions chirurgicales. Le choix du traitement dépend du type de tumeur et de son stade.
Oui, c’est l’un des cancers qui se soigne le mieux. Lorsqu’il est détecté précocement, le taux de guérison dépasse 95 %.
Les traitements peuvent avoir un impact sur la fertilité, mais celui‑ci n’est pas systématique. Une conservation de sperme est généralement proposée avant le début des traitements afin de préserver la possibilité d’avoir des enfants plus tard.
Oui. Un seul testicule en bonne santé suffit généralement à assurer la production de spermatozoïdes et de testostérone. La plupart des hommes retrouvent une vie normale après les traitements.