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Cancer de la vessie
Responsable
Pr Pierre Blanchard
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Tél.: (0)1 42 11 47 99
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Comprendre la maladie
Le cancer de la vessie se situe au 7e rang des cancers les plus fréquents, avec environ 13 000 nouveaux cas par an en France, plaçant cette maladie au deuxième rang des cancers urologiques les plus fréquents, après les cancers de la prostate.
Cette tumeur touche dans 80 % des cas des hommes, et le tabac constitue le facteur de risque le plus fréquent. Elle prend naissance dans des cellules de la paroi interne de la vessie. Une cellule normale va se transformer, puis se multiplier de façon anarchique jusqu'à former une tumeur.
Les cancers de la vessie se forment principalement à partir des cellules de la muqueuse de l’organe, appelée l'épithélium. On parle alors de carcinome urothélial, qui représente la grande majorité des cancers de la vessie. Un cancer urothélial peut aussi survenir au niveau des voies urinaires hautes (uretères, cavités proximales du rein).
On distingue les tumeurs qui n’affectent pas le muscle vésical, dites « tumeurs de la vessie non infiltrantes du muscle » (TVNIM) ou encore tumeurs superficielles, de celles qui l’envahissent, dites « tumeurs de la vessie avec infiltration musculaire » (TVIM).
Qu’est-ce que la vessie ?
La vessie est un organe creux et musculaire de l’appareil urinaire. Située dans la partie basse de l’abdomen, elle joue un rôle de réservoir : elle stocke l’urine produite par les reins, acheminée jusqu’à elle par les uretères.
Lorsque la vessie est pleine, elle se vide par l’urètre grâce à la contraction de sa paroi musculaire et au relâchement du sphincter urinaire. Le cancer de la vessie se développe le plus souvent dans la muqueuse vésicale, le tissu qui tapisse sa paroi interne.
Le cancer de la vessie en chiffres
-
13 074
nouveaux cas en France chaque année.
-
81 %
des nouveaux cas sont diagnostiqués chez des hommes.
-
70 ans
âge médian au diagnostic
Chiffres : Institut national du cancer.
Prévention et facteurs de risque
Les cancers de la vessie sont liés à plusieurs facteurs de risque, dont certains sont bien connus. Le principal levier de prévention consiste à agir sur les expositions évitables, en particulier le tabac et certaines substances chimiques.
Le tabac est le principal facteur de risque du cancer de la vessie. Les substances toxiques inhalées sont éliminées dans les urines, ce qui expose directement la paroi de la vessie.
Arrêter de fumer est donc la mesure de prévention la plus importante pour réduire le risque.
Le risque de cancer de la vessie augmente aussi en cas d’exposition professionnelle prolongée à certains agents chimiques, notamment dans certains secteurs industriels.
La prévention repose sur la réduction de ces expositions et sur l’utilisation de protections adaptées en milieu professionnel.
Le cancer de la vessie touche plus souvent les personnes de plus de 50 ans, et concerne majoritairement les hommes. L’âge constitue ainsi un facteur de risque important, en lien avec l’exposition prolongée aux différents agents potentiellement cancérogènes au cours de la vie et à l’accumulation progressive de leurs effets sur les cellules.
Symptômes
Le symptôme le plus fréquent du cancer de la vessie est la présence de sang dans les urines, appelée hématurie. D'autres symptômes qui persistent peuvent alerter et nécessiter une consultation chez un médecin, tels que des envies fréquentes d’uriner et des brûlures mictionnelles.
Le cancer de la vessie reste souvent silencieux à ses débuts. Dans de nombreux cas, il est découvert à l’occasion de symptômes urinaires qui peuvent sembler banals, ce qui rend important d’y être attentif, surtout lorsqu’ils persistent ou apparaissent sans cause évidente.
Certains signes doivent ainsi conduire à consulter, afin de réaliser les examens nécessaires et poser un diagnostic le plus précocement possible.
Diagnostic – L’accueil hématurie en 1 jour
Plusieurs examens sont nécessaires pour poser le diagnostic de cancer de la vessie : une échographie de l’appareil urinaire, un examen des urines (cytologie urinaire), pour rechercher la présence de cellules cancéreuses, et une cystoscopie qui consiste à observer la paroi interne de la vessie et d’y effectuer d’éventuels prélèvements.
Du sang dans les urines ? Gustave Roussy et l’hôpital Bicêtre proposent un diagnostic rapide pour dépister une éventuelle tumeur de l’appareil urinaire.
L'hématurie désigne la présence de sang dans les urines (urines rouges) et n’est jamais normale. Plusieurs causes peuvent être à son origine, mais elle peut parfois signaler la présence de cellules tumorales au sein de l’appareil urinaire, en particulier au sein de la vessie. C'est pourquoi il est important d’établir rapidement un diagnostic, afin de traiter une éventuelle tumeur le plus tôt possible.
Ainsi, Gustave Roussy a mis en place conjointement avec les urologues de l’hôpital Bicêtre un accueil hématurie en 1 jour, permettant d'établir rapidement le diagnostic d’une tumeur potentielle et, si nécessaire, de débuter le traitement dans les meilleurs délais. Cet accueil est assuré par une équipe médicale pluridisciplinaire, réunissant des médecins oncologues, des urologues, des radiologues, des pathologistes, qui prendra, avec le patient, les décisions nécessaires pour obtenir un diagnostic et, le cas échéant, proposer un traitement.
→ Voir le descriptif complet de la prise en charge en accueil hématurie
Les patients, en particulier ceux exposés au tabac, constatant du sang dans les urines, peuvent solliciter l’accueil hématurie. Cependant, avant d’envisager les causes graves, il faut éliminer les causes plus bénignes (infection urinaire, calcul urinaire, maladie parasitaire, survenue récente d’un traumatisme lombaire ou pelvien).
En cas d’hématurie, il sera donc demandé au médecin du patient de remplir en ligne un questionnaire (téléchargeable ci-dessous) et de fournir les résultats des premiers examens généralement demandés en ville (examen des urines).
Après évaluation du questionnaire, si l’équipe médicale le juge nécessaire, un rendez-vous sera fixé au patient. Plusieurs examens seront réalisés à Gustave Roussy en une matinée, incluant :
Un examen médical.
Un uro-scanner.
Un examen des urines visant à détecter des cellules anormales.
Voire d'autres examens (échographie vésicale par exemple).
Cet accueil peut donc durer plusieurs heures.
À l’issue de ces examens, le dossier sera discuté collégialement lors d'une réunion de concertation multidisciplinaire, qui aura lieu l’après-midi même.
Si une tumeur est suspectée, un rendez-vous sera fixé avec un urologue de l’hôpital Bicêtre la semaine suivante afin de réaliser une cystoscopie : il s’agit d’une endoscopie faite de manière stérile pour visualiser les parois de la vessie. Elle consiste à introduire par l’urètre, le plus souvent sous anesthésie locale, un fibroscope souple (chez l’homme) ou rigide permettant une analyse précise de l’ensemble de la vessie et donc la vision directe des tumeurs.
Si une tumeur est confirmée, l’urologue fixera un second rendez-vous pour retirer la tumeur au bloc opératoire. Un rendez-vous avec un médecin anesthésiste sera également prévu. Une fois la tumeur réséquée et l’analyse au microscope effectuée, le dossier sera discuté une seconde fois pour établir la suite de la prise en charge (traitement supplémentaire ou surveillance).
La prise en charge thérapeutique du patient sera assurée par l’équipe pluridisciplinaire d’oncologie urologique de Gustave Roussy, composée de :
Chirurgiens urologues.
Oncologues médicaux.
Oncologues radiothérapeutes.
Radiologues.
Médecins nucléaires.
Pathologistes.
Médecins de support.
Assistantes médicales.
Équipe paramédicale : infirmiers et infirmières.
Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) se tient chaque semaine.
Pour prendre rendez-vous, merci de bien vouloir :
Remplir le questionnaire préalable (document Word) [notes : document à insérer]
Le renvoyer par e-mail à urologie@gustaveroussy.fr
Prise en charge
Gustave Roussy prend en charge les patients atteints de cancer de la vessie. Cette prise en charge (diagnostic et traitement) nécessite le travail conjoint de plusieurs médecins de diverses disciplines : oncologues médicaux, chirurgiens (urologues), radiothérapeutes, radiologues, anatomo-pathologistes, en collaboration avec les médecins de ville.
Chaque décision majeure est prise par les différents professionnels de santé au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP). Dans certains cas, la présence du patient à une réunion peut être requise.
Traitements
Plusieurs types de traitements peuvent être utilisés contre le cancer de la vessie en fonction du stade du cancer : une chirurgie, un médicament de chimiothérapie ou d'immunothérapie ou encore une radiothérapie.
Selon les cas, ils peuvent avoir pour objectif de :
- Supprimer la tumeur ou les métastases.
- Réduire le risque de récidive.
- Ralentir le développement de la tumeur ou des métastases.
- Traiter les symptômes provoqués par la maladie.
Cancer limité à la muqueuse, première couche de la paroi de la vessie :
- Résection trans-urétrale de la vessie (RTUV).
- Médicament de chimiothérapie tel que la MYTOMYCINE.
- Médicament d’immunothérapie tel que le BCG.
Cancer étendu aux muscles :
- Cystectomie totale (ablation de la vessie).
- Chimiothérapie (néoadjuvante : précédant la chirurgie ou adjuvante : suivant la chirurgie).
- Radio-chimiothérapie concomitante (si la cystectomie est non faisable ou non souhaitée par le patient).
Cancer ayant formé des métastases à distance de la vessie :
- La chimiothérapie est le traitement principal. Le protocole le plus utilisé repose sur la CISPLATINE, associée à trois autres médicaments : METHOTREXATE, VINBLASTINE et DOXORUBICINE (Protocole MVAC).
- Une radiothérapie palliative peut être mise en place en fonction des symptômes présentés.
- Immunothérapie.
Recherche
Nous étudions actuellement plusieurs stratégies pour améliorer la prise en charge du cancer urothélial à tous les stades de la maladie.
L'une d'entre elles repose sur l'utilisation de l'immunothérapie, qui vise à stimuler les défenses immunitaires du patient afin que celles-ci reconnaissent et détruisent plus efficacement les cellules tumorales. Ces immunothérapies qui s'injectent par voie intraveineuse sont actuellement évaluées seules ou en combinaison avec d’autres traitements (chimiothérapie, autre immunothérapie, radiothérapie, thérapie ciblée) chez les patients porteurs de métastases, mais aussi chez les patients sans métastases avant ou après une chirurgie par exemple, pour réduire les risques de récidive.
Contact
Responsable du comité urologique
Pr Pierre Blanchard
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 47 99
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Questions fréquentes
Le signe le plus fréquent est la présence de sang dans les urines, parfois sans douleur. D’autres symptômes peuvent apparaître, comme des envies fréquentes d’uriner ou des brûlures lors de la miction.
Le traitement dépend du stade de la maladie. Il repose le plus souvent sur la chirurgie pour retirer la tumeur, parfois associée à d’autres traitements comme la chimiothérapie, l’immunothérapie ou la radiothérapie.
Ce cancer touche surtout les personnes de plus de 50 ans, en particulier les hommes. Le tabac constitue le principal facteur de risque, ainsi que certaines expositions professionnelles à des substances chimiques.