Bienvenue sur le nouveau site de Gustave Roussy
Un nouveau site pensé pour vous offrir une expérience plus simple, plus claire et plus intuitive. Patients, aidants, professionnels, donateurs : retrouvez plus facilement les informations, les actualités et les services.
ASCO 2016 : la médecine personnalisée en quête de biomarqueurs
La médecine personnalisée est un des objectifs majeurs de la cancérologie. Cette prise en charge individualisée, où chaque patient reçoit un traitement adapté, passe par l’établissement préalable de la carte d’identité biologique des principales tumeurs.
Publié le
La médecine personnalisée (ou médecine moléculaire) est un des objectifs majeurs de la cancérologie. Cette prise en charge individualisée, où chaque patient reçoit un traitement adapté, passe par l’établissement préalable de la carte d’identité biologique des principales tumeurs.
"Le plasma sanguin d’un malade contient des fragments d’ADN issus des cellules cancéreuses mortes circulant dans le sang. Ces signaux sont très utiles pour établir un bon diagnostic et décider du traitement le plus adapté". Derrière ce résumé du Dr Philip Mack, oncologue au centre de lutte contre le cancer de Davis en Californie, se cache un des enjeux les plus importants de la cancérologie d’aujourd’hui : dresser l’inventaire des signatures biologiques des tumeurs les plus fréquentes. "Ce profilage génétique va nous permettre de sélectionner les traitements les mieux adaptés à chaque patient et de sélectionner les bons répondeurs. C’est une étape indispensable pour mettre en place une véritable médecine de précision", poursuit le Dr Mack.
Intérêt des biopsies liquides
Baptisés "biomarqueurs", ces signaux sont aujourd’hui accessibles grâce à l’analyse de cellules tumorales prélevées dans les tumeurs. Ces biopsies sont aujourd’hui courantes. Selon le bilan annuel de l’Institut National du Cancer (INCa), en 2014, environ 130 000 tests de ce type ont été réalisés dans l’hexagone. "Les biopsies liquides sont une alternative intéressante quand les biopsies conventionnelles ne sont pas réalisables. Elles peuvent être très utiles pour détecter les mutations et anticiper les problèmes de résistances aux traitements que nous rencontrons régulièrement", précise le Pr Richard Schilsky, directeur médical de l’ASCO.
Une étude américaine présentée samedi 4 juin à Chicago confirme que les biopsies liquides (par analyse du sang) sont sur le point de devenir une alternative crédible. Cette enquête porte sur 17 000 échantillons sanguins prélevés sur plus de 15 000 patients. "La détection de l’ADN circulant dans le sang nous permet notamment d’identifier les mutations qui apparaissent dans les tumeurs secondaires métastatiques, alors que ces signaux ne sont pas présents dans la tumeur principale", explique le Dr Mack.
Ces travaux révèlent la complexité à laquelle sont confrontés les chercheurs en cancérologie. La plupart des tumeurs sont hétérogènes, évoluent dans le temps et donnent naissance à des cellules filles elles-mêmes biologiquement différentes. "La compréhension de cette dynamique et de cette diversité est essentielle pour affiner la prise en charge", souligne le Pr Richard Schilsky. De surcroit, une même altération moléculaire peut se retrouver dans plusieurs cancers et un même médicament peut bloquer plusieurs voies de signalisation. Actuellement, on connaît ainsi 14 types de cancer du poumon et une douzaine de cancers du sein ont été identifiés. Chacun de ces sous-types tumoraux est le produit de mutations spécifiques, justifiable en principe d’un traitement individualisé. Dans la réalité, environ la moitié des médicaments existants est associée à un biomarqueur.
Parallèlement, une équipe de chercheurs de l’université de Californie a annoncé samedi avoir mis au point une méthode originale de détection des mutations des cancers du poumon dans la salive. Selon cette enquête préliminaire (sur 37 patients), cette technique permet de détecter une mutation spécifique du cancer du poumon (EGFR) avec une précision "proche de 100%". Reste maintenant à valider ces techniques de biopsie liquide et à les faire entrer dans les pratiques hospitalières. Pour Richard Schilsky il faut rester prudent car "si on additionne trop de tests, on risque d’introduire de la confusion dans l’esprit des patients et des médecins".
La médecine de précision appliquée aux cancers pédiatriques
En attendant la généralisation probable des biopsies liquides, la médecine de précision continue de progresser. En France, le dispositif national d’oncogénétique a identifié plus de 49 500 personnes porteuses d’une mutation les prédisposant à un risque élevé de cancer. Depuis 2013, plus de 8 000 patients ont bénéficié d’une analyse moléculaire de leur génome dans le cadre du programme AcSé promu par Unicancer. Ce programme leur permet de bénéficier d’un traitement spécifique (crizotinib) dans le cadre d’un essai clinique sécurisé.
A Gustave Roussy, cette méthode a été étendue aux cancers pédiatriques et les premiers résultats de cette enquête seront présentés le 6 juin. Selon le Pr Gilles Vassal, directeur de la recherche clinique à Gustave Roussy cet essai "confirme que les enfants et les adolescents peuvent désormais bénéficier de la médecine personnalisée dans le cadre d’un essai thérapeutique sécurisé". Le 6 juin, l’ASCO accueillera par ailleurs un visiteur de marque : Joe Biden. Le vice-président américain viendra présenter le programme Moonshot lancé en début d’année par la Maison Blanche. Ce projet prévoit le séquençage d’un million de génomes de citoyens américains volontaires. Ces données viendront alimenter une gigantesque banque de données publique des principales altérations et mutations génétiques responsables des cancers les plus fréquents.
Alain Perez, à Chicago, pour Gustave Roussy
Vidéos
ASCO 2016 : les promesses de l'immunothérapie
Le Dr Aurélien Marabelle, directeur clinique du programme d'immunothérapie de Gustave Roussy, revient sur les résultats prometteurs des combinaisons d'immunothérapies dans plusieurs indications : mélanome, cancer du poumon, cancer de la vessie, cancers gastriques... De nouvelles voies qui modifient les lignes de traitement classiques et offrent des perspectives durables inédites.
L’ASCO 2016 placé sous le signe des combinaisons de traitements contre le cancer
Le Pr Jean-Charles Soria, chef du Département d'Innovation Thérapeutique et Essais Précoces (DITEP) de Gustave Roussy, commente le congrès 2016 de l'ASCO. Une édition moins spectaculaire que les années précédentes, mais qui confirme l'intérêt des combinaisons de traitement : chimiothérapies et/ou immunothérapies, inhibiteurs du cycle cellulaire, hormonothérapie…
- L’ASCO 2016 placé sous le signe des combinaisons de traitements contre le cancer
Voir la vidéo sur Youtube
ASCO 2016 : deux traitements prometteurs pour le cancer du rein métastatique
Le Dr Bernard Escudier de Gustave Roussy expose les bons résultats obtenus sur le cancer du rein métastatique via deux approches : l'immunothérapie grâce au nivolumab (étude CheckMate 025) et la thérapie ciblée avec le cabozantinib (étude METEOR).
- ASCO 2016 : deux traitements prometteurs pour le cancer du rein métastatique
Voir la vidéo sur Youtube
ASCO 2016 : avancées dans le traitement du cancer du testicule métastatique
Le professeur Karim Fizazi, chef du Département de Médecine Oncologique de Gustave Roussy, présente les résultats à 5 ans de GETUG 13 sur le traitement du cancer du testicule avancé. Cette étude a permis de valider un nouveau protocole thérapeutique dit "dose-dense" qui réduit drastiquement le risque de rechute et de décès.
- ASCO 2016 : avancées dans le traitement du cancer du testicule métastatique
Voir la vidéo sur Youtube
ASCO 2016 : de nouvelles immunothérapies pour le cancer de la vessie
Le Dr Christophe Massard, oncologue chef de service à Gustave Roussy, présente les résultats d'un essai précoce portant sur le durvalumab, un anticorps anti-PDL1, dans le traitement du cancer de la vessie métastatique. Un taux de réponse de plus de 30% a été constaté avec cette immunothérapie.
ASCO 2016 : une combinaison prometteuse contre le lymphome de Burkitt
Le Dr Véronique Minard-Colin présente les très bons résultats d'un essai clinique pédiatrique international promu par Gustave Roussy (Inter-B-NHL Ritux 2010). Cette étude montre l'efficacité d'une association chimiothérapie – immunothérapie (anti-CD20) sur le lymphome de Burkitt.
ASCO 2016 : état de l'art de la recherche sur le cancer du sein
Le Pr Fabrice André, oncologue à Gustave Roussy, expose les grands axes de recherche présentés à l'ASCO dans le traitement du cancer du sein : l'association prometteuse de l'immunothérapie et de la chimiothérapie pour les cancers du sein triple négatif, les inhibiteurs de PI3 Kinase pour les cancers du sein récepteur mono positif et l'émergence d'une problématique autour des métastases cérébrales du cancer du sein. Concernant les cancers du sein triple négatif, particulièrement redoutables, trois pistes sont explorées : la médecine moléculaire (anti PARP, anti-androgènes), l'immunothérapie et les antibody drug conjugates.
ASCO 2016 : vers un accès aux thérapies innovantes contre les cancers de l'enfant
Le Pr Gilles Vassal, directeur de la Recherche Clinique à Gustave Roussy, fait le point sur les résultats de recherche exposés à l'ASCO 2016 sur les cancers pédiatriques. Les premiers résultats de thérapies ciblées dans les phases précoces d'évaluation prouvent que les enfants peuvent eux-aussi bénéficier de traitements ciblés validés chez l'adulte. L'occasion pour le Pr Vassal de rappeler le retard pris dans le développement des médicaments innovants pour les enfants.
- ASCO 2016 : vers un accès aux thérapies innovantes contre les cancers de l'enfant
Voir la vidéo sur Youtube
ASCO 2016 : l'enjeu des biopsies liquides
Obtenir les informations tumorales d'un patient par une simple prise de sang : telle est la promesse de la biopsie liquide. Les travaux de recherche sur les cellules tumorales circulantes et surtout l'ADN tumoral circulant, plus simple à analyser, s'intensifient pour mettre au point cette technique prometteuse.
ASCO 2016 : gérer les effets secondaires des combinaisons d'immunothérapies
Certaines combinaisons d'immunothérapies offrent une synergie thérapeutique désormais démontrée. Mais encore faut-il qu'elles soient tolérables par les patients : dosage des toxicités, problématique du coût de ces traitements... Le point avec des médecins-chercheurs de Gustave Roussy.
- ASCO 2016 : gérer les effets secondaires des combinaisons d'immunothérapies
Voir la vidéo sur Youtube
ASCO 2016 : les combinaisons thérapeutiques dans le cancer du sein
Le Dr Suzette Delaloge, responsable du comité de pathologie mammaire à Gustave Roussy, fait le point sur les combinaisons thérapeutiques appliquées au traitement du cancer du sein. Utilisées depuis longtemps pour certains types de tumeurs, sur la base de thérapies ciblées ou d’hormonothérapie, elles s’avèrent plus délicates dans le cas des cancers du sein triple négatif.
ASCO 2016 : les CAR T-cells, serial killers des cellules cancéreuses
Le Dr Véronique Minard-Colin, oncologue à Gustave Roussy, explique le regain d’intérêt des chercheurs pour les « CAR T-cells » (Chimeric Antigen Receptor), ces lymphocytes modifiés pour cibler et tuer les cellules cancéreuses du patient. Considérés par certains comme la prochaine révolution de l’immunothérapie, ils pourraient rapidement devenir un standard de traitement pour les leucémies lymphoïdes aiguës.