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Cancers gynécologiques

Cancers HPV induits

Responsable
Dr Judith Michels

Contact
+33 (0)1 42 11 43 76

Illustration cellule virus

Comprendre la maladie

Les cancers HPV induits sont des cancers liés à une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV). Ces virus très fréquents se transmettent principalement lors des contacts sexuels. Dans la majorité des cas, l’organisme élimine spontanément le HPV. Mais lorsque l’infection persiste, elle peut entraîner, au fil des années, des lésions précancéreuses puis un cancer.

Il existe plusieurs types de cancers associés au HPV :

  • Les cancers du col de l’utérus, les plus fréquemment liés au HPV.

  • Les cancers de l’anus.

  • Les cancers de l’oropharynx (notamment amygdales et base de la langue).

  • Les cancers du vagin et de la vulve.

  • Les cancers du pénis.

Ces cancers sont principalement dus à certains HPV dits « à haut risque », notamment les types 16 et 18.

Le développement de ces cancers est généralement lent : il passe par des lésions précancéreuses détectables et traitables, d’où l’importance du dépistage, en particulier pour le cancer du col de l’utérus.

Les cancers HPV induits peuvent toucher les femmes comme les hommes. Certains facteurs augmentent le risque de persistance du virus, comme le tabagisme ou un système immunitaire affaibli.

C’est quoi, HPV ?

Le HPV, ou papillomavirus humain, est une famille de virus très courante, transmise principalement lors des contacts sexuels. La plupart des personnes y sont exposées au cours de leur vie, sans le savoir, car l’infection disparaît souvent spontanément. Cependant, certains types de HPV peuvent persister et provoquer, à long terme, des lésions pouvant évoluer en cancers (comme celui du col de l’utérus, de l’anus ou de la gorge).

La vaccination et le dépistage permettent de prévenir efficacement ces cancers.

Prévention

Vaccination contre le HPV 

Il existe un vaccin sûr et efficace pour se protéger contre les infections dues à HPV. En France, le vaccin utilisé protège contre neuf types différents de HPV, dont ceux qui sont les plus souvent à l’origine de cancers. Se faire vacciner permet ainsi d’éviter jusqu’à 90 % des infections à HPV qui peuvent provoquer des cancers.

Pour optimiser son action, cette vaccination doit intervenir avant le début de la vie sexuelle des jeunes filles et des jeunes garçons, soit avant toute possible exposition aux papillomavirus. Mais un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans.

En France, la vaccination HPV est recommandée :

  • Chez l’ensemble des filles et des garçons âgés de 11 à 14 ans, avec deux doses inoculées à 5 mois d’intervalle. La vaccination est proposée gratuitement dans les collèges aux élèves de 5e et de 4e sous réserve de l’accord de leur parent.

  • En rattrapage, chez toutes les filles et chez tous les garçons âgés de 15 à 26 ans révolus, avec cette fois trois doses nécessaires.

Pour réaliser la vaccination, vous pouvez vous renseigner auprès de votre médecin, de votre pharmacien, d’une sage-femme, d’un infirmier ou d’un service de vaccination municipal ou départemental.

Dépistage contre le cancer du col de l’utérus

Le dépistage permet d’identifier un portage chronique d’un HPV à haut risque de cancer (oncogéne), et de déceler et de traiter les lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent en cancer du col de l’utérus. Pourtant, cette pathologie reste la 11ᵉ cause de mortalité par cancer chez les femmes en France, avec plus de 1 000 décès par an. D’où l’importance du programme national de dépistage lancé en 2018, pour les femmes vaccinées ou non. Ce programme de dépistage repose sur :

  • De 25 à 29 ans : deux frottis (examen cytologique) à un an d’intervalle pour vérifier qu’il n’y a pas de cellules anormales. Si les deux résultats sont normaux, un nouveau dépistage est effectué trois ans plus tard.

  • De 30 à 65 ans : on recherche directement la présence par PCR d’un virus HPV oncogène dit à haut risque (test HPV-HR) sur le frottis. Si le test est positif, alors le frottis est étudié à la recherche de cellules anormales. Ce test PCR est à faire tous les cinq ans, en commençant soit trois ans après le dernier frottis normal, soit dès 30 ans si aucun dépistage n’a encore été fait. C’est la présence chronique (plusieurs examens de suite positifs) qui est un éventuel facteur de risque de transformation des cellules.

En France, le suivi gynécologique n’est pas obligatoire (hors grossesse), mais recommandé dès le début de la vie sexuelle, auprès d’un généraliste, d’une sage-femme ou d’un gynécologue. En dehors du suivi régulier (seules 60% des femmes en font un), certains symptômes doivent conduire à consulter immédiatement :

  • Saignements vaginaux anormaux ;

  • Douleurs pendant les rapports ;

  • Pertes inhabituelles ;

  • Douleurs pelviennes ou lombaires.

Prise en charge

Créé en décembre 2022, le groupe de travail trans-organe spécialisé dans la prise en charge des cancers induits aux infections aux papillomavirus humains (HPV) de Gustave Roussy rassemble des professionnels de différentes spécialités impliquées dans l’étude et la prise en charge de l’HPV :

  • Médecins oncologues et onco-radiothérapeutes,

  • Médecins gynécologues, ORL, gastro-entérologues/proctologues, urologues, dermatologues et chirurgiens,

  • Médecins anatomo-pathologistes,

  • Biologistes, virologues, épidémiologistes et statisticiens

Ce groupe HPV vise à développer un programme de recherche clinique et translationnelle centré sur tous les cancers induits par HPV. L’objectif est de concentrer les forces pour proposer un accès à l’innovation thérapeutique en considérant les cancers HPV comme une seule et même entité et ainsi favoriser une prise en charge et une recherche multidisciplinaires, mais aussi de promouvoir la prévention primaire et secondaire des cancers induits par HPV.

Parcours de soins

À Gustave Roussy, plusieurs parcours de prise en charge sont proposés, avec :

Des consultations de gynécologie (médicale et/ou chirurgicale) pour le dépistage et la prise en charge des :

  • Lésions du col utérin de haut grade HPV-induites.
  • Lésions vulvaires de haut grade HPV-induites.
  • Lésions de la marge anale et du canal anal HPV-induites en cas de facteurs de risque.

Des consultations d’oncologie et d’onco-radiothérapie pour une prise en charge thérapeutique personnalisée (avec éventuelle inclusion dans des programmes de recherche et essais cliniques) des :

  • Cancers du col utérin, de la vulve ou du vagin.

  • Cancers et lésions de la marge anale et du canal anal HPV-induits ; avec une possible intégration dans un programme de recherche proposant la détection d’ADN tumoral circulant et/ou dans des essais cliniques avec accès à des traitements innovants.

  • Cancers et lésions ORL HPV-induites.

  • Cancers et lésions uro-génitales masculines HPV-induites.

Éradiquer les cancers dus aux papillomavirus (HPV)

En 2023, une campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) a été mise en place au collège afin de renforcer la prévention de ces infections très fréquentes.

Le HPV est responsable d’environ 5ᵉ cause de cancer dans le monde. Il est notamment à l’origine de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus et d’environ la moitié des cancers de l’oropharynx. Il peut également provoquer d’autres cancers plus rares, touchant le vagin, la vulve, l’anus, le pénis ou encore certaines localisations cutanées.

Chaque année en France, environ 8 000 cancers et 30 000 lésions précancéreuses liés au HPV pourraient être évités grâce à la vaccination. Ces virus, très répandus, se transmettent principalement lors des contacts sexuels et restent le plus souvent sans symptômes.

La vaccination constitue aujourd’hui la mesure de prévention la plus efficace. Elle est recommandée dès l’âge de 9 ans par l’Organisation mondiale de la Santé. En France, la Haute Autorité de santé préconise la vaccination des filles et des garçons entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans.

Malgré ces recommandations, la couverture vaccinale reste insuffisante pour permettre une diminution significative des cancers liés au HPV. Des initiatives nationales et scientifiques visent ainsi à renforcer l’information et l’adhésion à la vaccination.

Associations patients et événements sportifs caritatifs

Demain sans HPV est un collectif associatif rassemblant 10 associations de patients pour accélérer la prévention et améliorer le dépistage des maladies en lien avec le HPV.

Nicola Werner Challenge (NWC) est une grande course de cyclisme organisée à travers l’Europe et l’Amérique du Nord pour lever des fonds en faveur des jeunes chercheurs en cancérologie.

Essais cliniques et innovation thérapeutique

Selon les caractéristiques et le stade du cancer, les médecins de Gustave Roussy peuvent proposer aux patients de participer à des protocoles de recherche clinique. Si elle est adaptée, l’orientation vers un essai thérapeutique sera évoquée avec les patients lors de leur prise en charge par leur oncologue référent, leur permettant d’accéder à des traitements innovants.

→ Consulter les essais cliniques en cours pour les cancers HPV induits [notes : ajouter lien]

  • Cancer de la gorge et HPV : mieux comprendre pour mieux se protéger

    À l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation aux papillomavirus humains (HPV), Gustave Roussy attire l’attention sur les cancers de l'oropharynx, ces cancers de la gorge qui touchent les amygdales, le voile du palais, la base de la langue et la paroi arrière de la gorge. En cause dans de nombreux cas : le papillomavirus humain (HPV), un virus transmis principalement par voie sexuelle, qui concerne autant les hommes que les femmes.

    Illustration virus HPV
  • Cancers ORL : les symptômes qui doivent alerter

    Du 30 mars au 5 avril 2026 est organisée en France la campagne Rouge-Gorge, dédiée à la sensibilisation aux cancers de la gorge. À cette occasion, Gustave Roussy se mobilise et rappelle les signaux qui doivent alerter et amener à consulter un professionnel de santé. En France, entre 15 000 et 16 000 nouveaux cas de cancers ORL sont diagnostiqués chaque année, selon les données de l’Inca. Le jeudi 2 avril, les experts du comité ORL de Gustave Roussy seront présents sur le parvis de La Défense pour sensibiliser le grand public à ces pathologies. 

    Cancer de la gorge - n'attendez pas d'être dans la zone rouge
  • Les dernières avancées dans le traitement des cancers ORL

    Du 15 au 20 septembre, la campagne « Make-Sense, Prendre le cancer à la gorge » se déploie sur différents canaux pour sensibiliser aux cancers ORL, qui touchent chaque année 15 000 nouveaux patients en France. À cette occasion, la Dr Ingrid Breuskin, chirurgienne et cheffe du comité ORL de Gustave Roussy, et la Dr Caroline Even, oncologue médicale, font le point sur les dernières avancées dans la prise en charge de ces pathologies. Gustave Roussy est un expert reconnu dans la prise en charge de ces cancers, comme en témoignent différents classements.

    Chirurgiens équipes
  • Cancer du col de l’utérus : se vacciner, se faire dépister et agir vite

    Le cancer du col de l’utérus touche chaque année environ 3 000 femmes en France, alors qu’il pourrait être évité dans plus de neuf cas sur 10 grâce à la vaccination et à un dépistage régulier. À Gustave Roussy, le parcours InstaDiag Gynéco permet aujourd’hui un diagnostic rapide en cas de suspicion.

    Illsutration vaccination