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Traitements des cancers de la peau
Le traitement d’un cancer de la peau dépend de sa nature, de son stade, de sa localisation et de l’état général du patient. Mélanome, carcinome épidermoïde, carcinome basocellulaire et carcinome de Merkel ne relèvent pas des mêmes stratégies. Chaque situation est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Des traitements différents selon le type de cancer
La chirurgie reste le traitement principal de nombreuses tumeurs cutanées localisées. Lorsque la maladie présente un risque élevé de récidive, ne peut pas être opérée ou s’est propagée, une radiothérapie ou un traitement médicamenteux peut être proposé.
Le traitement du mélanome
La première étape consiste à retirer la lésion suspecte afin de l’analyser. Si le diagnostic de mélanome est confirmé, une seconde intervention, appelée reprise d’exérèse, retire une marge de peau saine autour de la cicatrice. La largeur de cette marge dépend principalement de l’épaisseur du mélanome mesurée lors de l’analyse anatomopathologique.
Une biopsie du ganglion sentinelle peut être proposée pour certains mélanomes, notamment à partir de 0,8 mm d’épaisseur ou lorsqu’ils présentent une ulcération. Cet examen recherche une éventuelle atteinte microscopique du premier ganglion situé sur le trajet lymphatique de la tumeur. Un ganglion sentinelle positif ne conduit plus systématiquement à un curage ganglionnaire complet. Une surveillance rapprochée et un traitement complémentaire peuvent être discutés selon le stade et le risque de récidive.
Après la chirurgie, un traitement adjuvant peut être proposé pour réduire le risque de récidive dans certaines formes à haut risque. Il peut reposer sur une immunothérapie anti-PD-1 ou, lorsque la tumeur porte une mutation BRAF V600, sur une association de thérapies ciblées anti-BRAF et anti-MEK.
Une métastase isolée et opérable peut, dans certaines situations, être retirée chirurgicalement. Lorsque la maladie ne peut pas être opérée ou comporte plusieurs métastases, le traitement repose principalement sur des médicaments. La recherche d’une mutation du gène BRAF aide à orienter le choix thérapeutique.
- L’immunothérapie peut être administrée seule ou sous forme d’association. Elle aide le système immunitaire à reconnaître et à combattre les cellules cancéreuses.
- Si la tumeur présente une mutation BRAF V600, une association d’un anti-BRAF et d’un anti-MEK peut être proposée. Ces traitements sont pris par voie orale.
- La radiothérapie peut être utilisée pour traiter certaines métastases, notamment cérébrales ou osseuses. Une radiothérapie stéréotaxique peut être indiquée pour certaines localisations cérébrales.
Le carcinome épidermoïde cutané
Le traitement de référence est la chirurgie, qui vise à retirer entièrement la tumeur avec une marge de tissu sain. Une reconstruction peut être nécessaire selon la taille et la localisation de la lésion. Pour certaines tumeurs, la radiothérapie peut être proposée après la chirurgie ou lorsque l’intervention n’est pas possible.
En cas d’atteinte ganglionnaire, la stratégie peut associer chirurgie et radiothérapie. Dans les formes localement avancées ou métastatiques qui ne peuvent pas être traitées par une chirurgie ou une radiothérapie curative, une immunothérapie anti-PD-1 peut être proposée. La chimiothérapie est aujourd’hui réservée à certaines situations particulières.
Le carcinome basocellulaire
La chirurgie est le traitement privilégié dans la majorité des cas. Pour certains carcinomes superficiels, des traitements locaux peuvent être envisagés, notamment une crème à base d’imiquimod ou de 5-fluorouracile, ou une photothérapie dynamique. Le choix dépend de la localisation, de la taille et du sous-type de la lésion.
Lorsque la chirurgie et la radiothérapie ne sont pas adaptées à une forme localement avancée, un traitement ciblant la voie Hedgehog, comme le vismodégib, peut être proposé. En cas de progression ou d’intolérance à ce traitement, une immunothérapie anti-PD-1 peut être envisagée selon l’indication. Les formes métastatiques, très rares, nécessitent une prise en charge spécialisée.
Le carcinome à cellules de Merkel
Pour une maladie localisée, le traitement repose généralement sur l’exérèse chirurgicale de la tumeur. Une radiothérapie du site opératoire et, selon la situation, des aires ganglionnaires peut compléter la chirurgie afin de réduire le risque de récidive.
Dans les formes avancées ou métastatiques, une immunothérapie ciblant l’axe PD-1 ou PD-L1 peut être proposée. La chimiothérapie peut encore être utilisée dans certaines situations, mais ses réponses sont souvent moins durables. La stratégie doit être définie dans un centre expert compte tenu de la rareté de cette tumeur.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Une décision prise en équipe
À Gustave Roussy, dermatologues, chirurgiens, anatomopathologistes, oncologues médicaux, radiothérapeutes et radiologues confrontent leurs expertises afin de proposer le traitement le plus adapté à chaque patient.