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Ostéosarcome
L’ostéosarcome est la tumeur osseuse maligne la plus fréquente chez l’adolescent et le jeune adulte. Il se développe le plus souvent dans les os longs autour du genou. La guérison des formes localisées repose sur une chimiothérapie associée à une chirurgie complète réalisée dans un centre expert.
L’ostéosarcome est un cancer dans lequel les cellules tumorales fabriquent une matrice osseuse anormale appelée ostéoïde. Il concerne surtout les adolescents et les jeunes adultes, avec une légère prédominance masculine. En France, environ 100 à 150 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Plus de la moitié des ostéosarcomes pédiatriques apparaissent dans les os longs proches du genou, principalement l’extrémité inférieure du fémur ou l’extrémité supérieure du tibia. D’autres os peuvent être touchés, notamment l’humérus, le bassin ou la mâchoire.
Avant toute biopsie, une prise en charge experte
L’imagerie, le trajet de biopsie et la future chirurgie doivent être planifiés ensemble. Une biopsie ou une intervention non adaptée peut compromettre la qualité de l’exérèse et augmenter les séquelles.
Les symptômes
La douleur persistante est le signe le plus fréquent. Elle peut être nocturne, s’aggraver progressivement ou être d’abord attribuée à un traumatisme ou à une activité sportive.
Douleur inhabituelle, persistante, nocturne ou qui revient malgré le repos et les traitements antalgiques usuels.
Tuméfaction, chaleur locale ou augmentation progressive du volume d’une région osseuse.
Boiterie, limitation d’un mouvement, baisse de l’activité ou difficulté à utiliser un membre.
Une fracture peut exceptionnellement révéler une fragilisation de l’os par la tumeur.
Les tumeurs du bassin ou de la colonne peuvent provoquer des douleurs profondes, une sciatique ou des signes neurologiques.
Fièvre, fatigue ou perte de poids sont possibles mais moins caractéristiques.
Quand consulter rapidement ?
Une douleur osseuse persistante ou nocturne, surtout si elle s’accompagne d’une masse, d’une boiterie ou d’une limitation fonctionnelle, doit être explorée. Une fracture, une faiblesse d’un membre ou des troubles neurologiques nécessitent une évaluation urgente.
Le diagnostic
L’imagerie
Une radiographie de la zone douloureuse est souvent le premier examen. L’IRM précise l’extension dans l’os et les tissus voisins, ainsi que les rapports avec l’articulation, les vaisseaux et les nerfs. Un scanner du thorax recherche des métastases pulmonaires. Une TEP-TDM ou une scintigraphie osseuse complète le bilan à distance selon le protocole.
La biopsie
La biopsie confirme le diagnostic et précise le type et le grade de l’ostéosarcome. Elle doit être réalisée après l’imagerie, dans un centre expert, avec un trajet qui pourra être retiré lors de la chirurgie définitive.
Le bilan d’extension
Au diagnostic, une maladie métastatique est présente chez une minorité de patients. Les poumons sont le site le plus fréquent, suivis par les autres os. Le bilan évalue également la possibilité d’une exérèse complète de la tumeur primitive et de toutes les localisations visibles.
Un diagnostic discuté en RCP sarcome
L’imagerie et la biopsie sont relues par des spécialistes. La stratégie est définie par des oncologues pédiatres ou médicaux, chirurgiens, radiologues, anatomopathologistes et radiothérapeutes experts des sarcomes.
Les facteurs pronostiques
Les principaux facteurs sont la présence de métastases, la possibilité d’une chirurgie complète, la localisation de la tumeur et la réponse histologique à la chimiothérapie. Après l’opération, l’anatomopathologiste mesure la proportion de cellules tumorales détruites. Une nécrose supérieure ou égale à 90 % correspond classiquement à une bonne réponse histologique.
Un pronostic à expliquer individuellement
Les formes localisées et complètement opérables ont un pronostic bien meilleur que les maladies métastatiques ou inopérables. Un chiffre moyen ne permet pas de prévoir l’évolution d’un patient.
Les traitements
Pour un ostéosarcome de haut grade, le traitement associe une chimiothérapie et une chirurgie complète. Le calendrier et les médicaments varient selon l’âge, le protocole, la localisation et les traitements déjà reçus.
La chimiothérapie avant la chirurgie
La chimiothérapie initiale traite précocement les cellules tumorales qui pourraient être disséminées et permet d’évaluer la sensibilité de la tumeur. Les schémas internationaux reposent souvent sur l’association méthotrexate à haute dose, doxorubicine et cisplatine, appelée MAP. D’autres associations peuvent être utilisées selon l’âge et le protocole appliqué en France.
La chirurgie
La chirurgie est l’élément déterminant du contrôle local. Elle vise une résection complète avec des marges saines. Une chirurgie conservatrice avec reconstruction est possible dans la grande majorité des ostéosarcomes des membres. Une amputation reste parfois nécessaire lorsque la conservation ne permettrait ni une exérèse complète ni une fonction satisfaisante.
La chimiothérapie après la chirurgie
La chimiothérapie reprend après l’intervention afin de compléter le traitement systémique. La réponse histologique apporte une information pronostique importante, mais l’ajout systématique d’autres médicaments chez les mauvais répondeurs n’a pas démontré à lui seul une amélioration suffisante pour être présenté comme une règle universelle.
La radiothérapie a une place limitée
L’ostéosarcome est relativement résistant à la radiothérapie conventionnelle. Celle-ci n’est pas un traitement habituel des formes opérables. Elle peut être discutée pour une tumeur inopérable, une marge insuffisante non récupérable, une métastase non résécable ou dans un objectif symptomatique.
Les formes métastatiques
La stratégie associe la chimiothérapie au contrôle chirurgical de la tumeur primitive et, chaque fois que cela est réalisable, de toutes les métastases. La possibilité d’une résection complète des localisations pulmonaires ou osseuses est un élément majeur de la décision.
Lorsque toutes les lésions ne peuvent pas être retirées, le dossier est discuté dans un centre expert. Des techniques de radiothérapie de haute précision ou de radiologie interventionnelle peuvent être envisagées dans certaines situations, mais elles ne remplacent pas systématiquement la chirurgie.
En cas de rechute
Les rechutes sont le plus souvent pulmonaires, mais peuvent aussi être osseuses ou locales. La chirurgie complète de toutes les lésions accessibles constitue souvent l’élément le plus important lorsqu’elle est réalisable. La radiologie interventionnelle peut être discutée pour certaines métastases pulmonaires ou osseuses sélectionnées.
La chimiothérapie dépend du délai de rechute, du nombre de lésions et des médicaments déjà reçus. L’amputation n’est pas une conséquence automatique d’une récidive locale : la stratégie doit être évaluée au cas par cas par une équipe spécialisée. Des essais cliniques peuvent être proposés.
Recherche et innovation
L’essai européen de phase III FOSTER-CabOs, coordonné par la Dr Nathalie Gaspar à Gustave Roussy, vise à évaluer un traitement d’entretien par cabozantinib après la première ligne, comparé à une stratégie de contrôle, afin d’étudier son effet sur la survie sans événement et la qualité de vie.
Le programme prévoit également des études biologiques sur des prélèvements tumoraux et sanguins pour rechercher des biomarqueurs. Le statut d’ouverture et les critères d’inclusion doivent être vérifiés au moment de la publication du site, car ils évoluent avec les autorisations réglementaires et l’activation des centres.
Le suivi et les effets à long terme
Le suivi recherche une récidive et accompagne la récupération fonctionnelle. Il dépend de la localisation, de la chirurgie, des médicaments reçus et des complications survenues.
Rééducation, appareillage et suivi orthopédique accompagnent la reprise des activités.
Chez l’enfant, une chirurgie près d’un cartilage de croissance peut entraîner une différence de longueur ou nécessiter des interventions ultérieures.
La doxorubicine peut justifier une surveillance cardiaque prolongée.
Le cisplatine et le méthotrexate à haute dose nécessitent une surveillance adaptée.
Le risque dépend des médicaments et des doses. Une information et une préservation sont proposées lorsque cela est possible.
Le risque reste faible mais fait partie du suivi à long terme après certains traitements.
La prise en charge à Gustave Roussy
Gustave Roussy est l’un des centres coordonnateurs du réseau national NETSARC+. Le diagnostic et la stratégie sont discutés en RCP sarcome, avec une coordination pédiatrique ou AJA pour les plus jeunes. Certaines chirurgies osseuses complexes sont organisées avec des établissements partenaires experts.
Le parcours associe selon les besoins oncologie pédiatrique ou médicale, chirurgie, radiothérapie, imagerie, anatomopathologie, rééducation, prise en charge de la douleur, soutien psychologique, scolarité, activité physique adaptée et accompagnement social.
Points clés
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La tumeur osseuse maligne la plus fréquente chez les jeunes
Elle atteint surtout les os longs autour du genou.
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Une douleur persistante doit être explorée
Douleur nocturne, masse, boiterie ou fracture nécessitent une évaluation.
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La biopsie doit être planifiée
Elle est organisée après l’imagerie avec l’équipe du traitement local.
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Chimiothérapie et chirurgie
Le traitement des formes de haut grade repose sur ces deux composantes.
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La chirurgie complète est déterminante
La radiothérapie a une place limitée dans les formes opérables.
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Une recherche européenne active
FOSTER-CabOs évalue un entretien par cabozantinib sans qu’il soit encore un standard.