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Paroles de concernés – Olivier, en rémission d’un cancer colorectal

« C’est à l’Institut qu’on m’a annoncé que ma tumeur était liée à une mutation génétique, car je suis porteur du syndrome de Lynch. »

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Photographie - Olivier, patient en rémission

À l’occasion de Mars Bleu, mois de sensibilisation au cancer colorectal et à son dépistage, Olivier, 80 ans, suivi à Gustave Roussy pour cette pathologie, revient sur son parcours de soins et son expérience personnelle et en couple face à la maladie. 

« Après des études en école de commerce, j’ai réalisé les dernières années de ma vie professionnelle à la direction de différents établissements de soins. Parallèlement, avec mon épouse, nous nous sommes engagés dès le début de notre mariage auprès de couples en difficulté. D’abord conseillers conjugaux, nous avons approfondi nos connaissances avec un diplôme universitaire en sexologie. Encore aujourd’hui, je rencontre des patients. C’est une chose d’évoluer dans le monde médical, mais c’en est une autre de se trouver du côté des malades. 

Mes symptômes ont commencé par un mal de ventre en avril 2022. Mon généraliste pensait d’abord que c’était bénin, mais les douleurs persistaient. C’est finalement à la fin de l’année 2022 que l’on m’a prescrit une coloscopie. À la suite de cet examen, il m’a été annoncé que j’avais un cancer du côlon. Ma femme a tout de suite insisté pour que je sois pris en charge à Gustave Roussy. Nous avons eu un rendez-vous très rapidement, et c’est à l’Institut que l’on m’a annoncé que ma tumeur était liée à une mutation génétique, car je suis porteur du syndrome de Lynch. 

J’ai été très bien accueilli, aussi bien par les médecins que par les assistants médicaux. Au point où j’aimais me rendre à mes rendez-vous. Ma femme m’a toujours accompagné, car nous souhaitions aborder cette difficulté ensemble, en faisant entièrement confiance au corps médical tout au long du parcours de soins. J’ai commencé par quelques mois de traitements, puis j’ai été opéré et j’ai suivi des cycles de chimiothérapie. L’opération a été réalisée avec l’aide d’un robot et elle s’est très bien déroulée puisque je suis sorti quelques jours après. Concernant la chimiothérapie, je recevais mon traitement en hôpital de jour, ce qui me permettait de rentrer chez moi à la fin de chaque séance. Cette organisation m’a permis de continuer mes activités. 

J’ai eu la chance d’avoir un cancer ‘gentil’, avec une mutation MSI, qui répond particulièrement bien à l’immunothérapie. J’ai suivi mes traitements durant toute l’année 2023. J’ai eu certains effets secondaires et je garde aujourd’hui des sensibilités au niveau des pieds et des doigts, appelées neuropathies. C’est un peu embêtant au quotidien, car j’aime beaucoup bricoler. 

Ce qui demeure l’épreuve la plus difficile de toute cette expérience a été le moment où nous avons dû annoncer à nos cinq enfants qu’ils risquaient de développer un cancer colorectal, puisque je suis porteur d’une prédisposition génétique au cancer du côlon. Deux ont déjà réalisé le test, et il s’est révélé positif chez l’un d’entre eux. C’est une réalité avec laquelle il faut apprendre à vivre, ensemble. 

Aujourd’hui, la vie continue comme avant, je me lève tous les matins en pensant à ce que je vais faire de ma journée. C’est très important de rester occupé et de garder le sens que l’on veut donner à sa vie. Même pendant mes traitements j’ai pu continuer mes activités. Un peu ralenti, certes, mais actif. Je veille maintenant à marcher 5 000 pas par jour. 

Le conseil le plus important que je pourrais donner est de faire confiance aux médecins et aux soignants. Aujourd’hui, les différents examens sont bons et à chaque consultation de surveillance  à Gustave Roussy, il m’est dit que tout va bien. Je me considère personnellement comme un cancéreux heureux, que je raccourcis parfois en cancéreureux. »

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